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Comment lutter contre le chômage ?

Mesurer le chômage et comprendre les politiques pour le réduire.

10 min de lecture · Quiz · 5 questions · Mis à jour le 26/09/2026

01Mesurer le chômage : deux définitions concurrentes

Le chômage désigne la situation des personnes sans emploi, disponibles pour travailler et recherchant activement un emploi. Deux institutions produisent des mesures distinctes de ce phénomène, dont les résultats peuvent diverger sensiblement. Le Bureau international du travail (BIT) retient une définition stricte : est considéré comme chômeur au sens du BIT tout individu en âge de travailler qui, au cours d'une semaine donnée, n'a exercé aucune activité rémunérée même minime, qui est immédiatement disponible pour occuper un emploi, et qui a effectué des démarches actives de recherche d'emploi au cours des quatre dernières semaines. Cette mesure est établie en France par l'Insee à partir de l'enquête Emploi, réalisée auprès d'un échantillon de la population, et permet des comparaisons internationales homogènes. À côté de cette définition, France Travail (ex-Pôle emploi) publie chaque mois le nombre de demandeurs d'emploi inscrits sur ses listes, répartis en catégories (A, B, C, D, E) selon qu'ils exercent ou non une activité réduite. Ces deux mesures ne coïncident pas nécessairement : une personne peut être inscrite à France Travail sans répondre aux critères stricts du BIT, par exemple si elle a exercé une activité réduite pendant la semaine de référence, ou inversement ne pas s'inscrire tout en étant chômeur au sens du BIT.

Définition : à retenir
Chômage au sens du BIT
situation d'une personne sans emploi, disponible pour travailler sous quinze jours et ayant effectué des démarches actives de recherche d'emploi au cours des quatre dernières semaines.
Demandeur d'emploi (France Travail)
personne inscrite sur les listes de France Travail, classée en catégories A à E selon l'exercice ou non d'une activité réduite.
Halo autour du chômage
ensemble des personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas tous les critères du BIT (disponibilité ou recherche active), et qui ne sont donc pas comptabilisées comme chômeurs.
Taux de chômage
rapport entre le nombre de chômeurs et la population active (actifs occupés plus chômeurs).

02Chômage structurel et chômage conjoncturel

Il convient de distinguer deux composantes du chômage selon leur origine. Le chômage conjoncturel résulte des fluctuations de l'activité économique à court terme : lorsque la croissance ralentit ou qu'une récession survient, les entreprises réduisent leurs embauches, voire licencient, ce qui fait mécaniquement augmenter le taux de chômage ; à l'inverse, une reprise de la croissance tend à le faire refluer. Ce chômage est donc réversible et suit le cycle économique. Le chômage structurel, en revanche, ne dépend pas directement de la conjoncture : il résulte de déséquilibres profonds et durables du marché du travail, comme l'inadéquation entre les qualifications offertes par les demandeurs d'emploi et celles recherchées par les entreprises (chômage frictionnel et chômage d'inadéquation), les rigidités institutionnelles du marché du travail, ou encore les évolutions technologiques qui détruisent certains emplois plus rapidement qu'elles n'en créent de nouveaux dans les mêmes bassins d'emploi. Le chômage structurel persiste même lorsque la croissance économique redevient soutenue, ce qui explique qu'un pays puisse conserver un taux de chômage élevé sur plusieurs décennies malgré des phases de croissance.

03Deux explications théoriques opposées des causes du chômage

L'analyse économique du chômage oppose traditionnellement deux grandes écoles de pensée, qui n'aboutissent pas aux mêmes politiques de lutte. Pour les économistes classiques et néoclassiques, le chômage s'explique principalement par un coût du travail trop élevé par rapport à sa productivité : si le salaire réel, notamment le salaire minimum et les cotisations sociales qui l'accompagnent, se situe au-dessus du salaire d'équilibre qui égaliserait l'offre et la demande de travail, les entreprises réduisent leurs embauches, ce qui engendre un chômage involontaire. Dans cette optique, le chômage résulte d'un dysfonctionnement du marché du travail empêchant l'ajustement naturel par les prix, c'est-à-dire par les salaires. Pour les économistes keynésiens, à l'inverse, le chômage résulte avant tout d'une insuffisance de la demande globale adressée aux entreprises : lorsque la demande de biens et services (consommation, investissement, exportations) est insuffisante, les entreprises n'ont pas besoin de produire davantage et n'embauchent donc pas, quel que soit le niveau des salaires. Selon John Maynard Keynes, ce chômage involontaire ne peut se résorber spontanément par la seule baisse des salaires, qui risquerait au contraire de comprimer davantage la demande en réduisant le pouvoir d'achat des ménages.

04Les politiques de lutte contre le chômage

Ces deux diagnostics débouchent sur des recommandations de politique économique différentes, souvent complémentaires dans la pratique. Les tenants de l'explication par le coût du travail préconisent des politiques de flexibilisation du marché du travail : allégement des cotisations sociales patronales sur les bas salaires, assouplissement des règles de licenciement, développement de contrats plus flexibles, afin de réduire le coût du travail et de faciliter les embauches, en particulier pour les travailleurs peu qualifiés les plus exposés au chômage. Les politiques de formation visent quant à elles à réduire le chômage structurel en améliorant l'adéquation entre les compétences des demandeurs d'emploi et les besoins des entreprises, à travers la formation professionnelle, l'apprentissage ou la reconversion vers des secteurs porteurs. Enfin, dans la tradition keynésienne, les politiques de relance cherchent à soutenir la demande globale, par exemple via une hausse des dépenses publiques, une baisse d'impôts ciblée sur les ménages modestes ayant une forte propension à consommer, ou une politique monétaire accommodante facilitant l'accès au crédit, afin d'inciter les entreprises à embaucher pour répondre à une demande anticipée plus soutenue.

05Méthode : analyser une politique de lutte contre le chômage

  1. Identifie le type de chômage visé par la mesure étudiée : s'agit-il de chômage conjoncturel ou structurel ?
  2. Repère le diagnostic économique implicite : la mesure suppose-t-elle un problème de coût du travail (approche classique) ou d'insuffisance de la demande (approche keynésienne) ?
  3. Décris le mécanisme attendu de la mesure, étape par étape, jusqu'à son effet sur l'emploi.
  4. Envisage les limites ou effets pervers possibles de la mesure (effets d'aubaine, délais de mise en œuvre, financement).
  5. Mobilise un exemple concret ou chiffré pour illustrer ton raisonnement.

06Erreurs fréquentes

  • ✗Confondre le nombre de chômeurs au sens du BIT et le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, qui reposent sur des critères différents.
  • ✗Réduire le chômage à une seule cause, alors que les analyses classique et keynésienne apportent des explications complémentaires selon les situations.
  • ✗Croire que le chômage structurel disparaît automatiquement en période de forte croissance économique.
  • ✗Présenter les politiques de flexibilisation et les politiques de relance comme mutuellement exclusives, alors qu'elles sont souvent combinées.
  • ✗Oublier le halo autour du chômage, qui rassemble des personnes sans emploi non comptabilisées comme chômeurs faute de remplir tous les critères du BIT.
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Sources. Contenu conforme au programme de sciences économiques et sociales de terminale (Eduscol).