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La formation des chaînes de montagnes

Quand deux plaques continentales entrent en collision.

10 min de lecture · Quiz · 5 questions · Mis à jour le 26/09/2026

01De la subduction à la collision : la fermeture d'un océan

Les grandes chaînes de montagnes, comme les Alpes ou l'Himalaya, résultent de la convergence de deux plaques lithosphériques portant chacune un domaine continental. Ce processus commence toujours par la présence d'un océan, avec sa lithosphère océanique, entre les deux marges continentales. Tant que subsiste de la lithosphère océanique dense, celle-ci s'enfonce dans le manteau au niveau d'une zone de subduction, entraînant un rapprochement progressif des deux marges continentales situées de part et d'autre. La subduction se poursuit tant qu'il reste de la lithosphère océanique à consommer ; l'ensemble de ce processus se traduit, à l'échelle de dizaines de millions d'années, par la disparition complète de l'océan qui séparait initialement les deux continents.

Définition : à retenir
Collision continentale
affrontement de deux lithosphères continentales, trop peu denses pour subduire, après la fermeture complète d'un océan par subduction.
Épaississement crustal
augmentation de l'épaisseur de la croûte continentale au niveau d'une zone de collision, par empilement de matériaux crustaux.
Chevauchement
structure tectonique dans laquelle une unité rocheuse est portée au-dessus d'une autre, plus jeune, le long d'une faille inverse de faible pendage.

02La collision : un raccourcissement et un épaississement de la croûte

Une fois l'océan totalement refermé, les deux marges continentales, moins denses que le manteau et donc incapables de subduire durablement, entrent directement en contact : c'est la phase de collision. La convergence des deux plaques se poursuit néanmoins après ce contact, mais elle ne peut plus s'exprimer par la disparition de matière comme lors de la subduction océanique. Elle se traduit alors par une déformation intense de la croûte continentale : plissements des couches sédimentaires et du socle, formation de failles inverses le long desquelles des unités rocheuses chevauchent d'autres unités, et empilement de nappes de charriage les unes sur les autres. L'ensemble de ces déformations aboutit à un raccourcissement horizontal de la croûte, compensé par un épaississement vertical considérable : dans les grandes chaînes actuelles, la croûte continentale peut ainsi atteindre 50 à 70 kilomètres d'épaisseur, contre environ 30 kilomètres pour une croûte continentale standard.

Cet épaississement crustal a une conséquence directe sur le relief : par un phénomène d'équilibre isostatique, une croûte continentale plus épaisse « flotte » plus haut sur le manteau sous-jacent, ce qui explique en grande partie l'altitude élevée des chaînes de collision. L'érosion, qui agit continûment à la surface, contribue également à faire réapparaître en surface des roches initialement enfouies en profondeur lors de l'épaississement, notamment des roches métamorphiques formées sous l'effet des fortes pressions et températures régnant au cœur de l'édifice montagneux.

03Les marqueurs géologiques d'une ancienne collision

Plusieurs indices géologiques, observables sur le terrain, permettent d'identifier une chaîne de montagnes issue d'une collision continentale et de reconstituer l'histoire de l'océan disparu. La présence de roches magmatiques et métamorphiques typiques d'une ancienne subduction (comme certaines éclogites ou des roches à glaucophane, témoins d'un métamorphisme de haute pression et basse température) atteste qu'une lithosphère océanique a bien été subduite avant la collision. La présence de fragments d'anciens fonds océaniques, appelés ophiolites, charriés et préservés au sein de la chaîne, constitue un autre marqueur direct de l'existence passée d'un domaine océanique aujourd'hui disparu. Enfin, les plis et les failles inverses observés dans les roches sédimentaires, ainsi que les nappes de charriage, témoignent directement du raccourcissement et de l'épaississement crustal liés à la phase de collision elle-même. L'exemple des Alpes, formées par la collision de la plaque européenne et de la plaque adriatique après la fermeture de l'océan alpin (téthysien), ou celui de l'Himalaya, résultant de la collision entre l'Inde et l'Eurasie après la fermeture de l'océan téthys, illustrent ce même schéma général.

04Méthode : reconstituer l'histoire géologique d'une chaîne de collision

  1. Étape 1 repérer les indices d'une ancienne subduction (roches de haute pression, ophiolites) pour établir l'existence passée d'un océan.
  2. Étape 2 identifier les structures de déformation (plis, failles inverses, chevauchements, nappes) qui témoignent du raccourcissement lié à la collision.
  3. Étape 3 relier l'épaisseur anormalement élevée de la croûte continentale à l'altitude de la chaîne, par le principe de l'équilibre isostatique.

05Erreurs fréquentes

  • ✗ Confondre subduction et collision : la subduction concerne l'enfoncement d'une lithosphère océanique dense, la collision l'affrontement de deux lithosphères continentales qui ne peuvent pas subduire.
  • ✗ Croire que la convergence des plaques s'arrête dès le contact des deux continents : elle se poursuit, mais se traduit alors par une déformation et un épaississement de la croûte plutôt que par une disparition de matière.
  • ✗ Oublier que l'altitude d'une chaîne de collision s'explique par l'épaississement crustal et l'équilibre isostatique, et non par un simple « empilement visible » sans lien avec la densité des roches.
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Sources. Contenu conforme au programme de sciences de la vie et de la Terre de terminale (Eduscol).