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Le VIH et le sida

Comment un virus s'attaque au système immunitaire lui-même.

10 min de lecture · Quiz · 5 questions · Mis à jour le 26/09/2026

01Le VIH, un rétrovirus ciblant les lymphocytes T4

Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est un rétrovirus : son matériel génétique est constitué d'ARN, et non d'ADN, ce qui le distingue de la grande majorité des virus. Le VIH infecte préférentiellement les cellules qui portent à leur surface le récepteur CD4, en particulier les lymphocytes T4 (LT4), cellules centrales de la coordination de la réponse immunitaire adaptative déjà étudiée. Après sa fixation et son entrée dans la cellule cible, le VIH utilise une enzyme qui lui est propre, la transcriptase inverse, pour transcrire son génome à ARN en ADN, appelé ADN proviral. Cet ADN proviral est ensuite intégré au génome de la cellule hôte, où il peut être répliqué à chaque division cellulaire et servir de matrice à la production de nouvelles particules virales.

Définition : à retenir
Rétrovirus
virus dont le génome est constitué d'ARN et qui utilise la transcriptase inverse pour le convertir en ADN avant intégration dans le génome de la cellule hôte.
Transcriptase inverse
enzyme virale qui catalyse la synthèse d'ADN à partir d'une matrice d'ARN, permettant l'intégration du génome viral dans celui de la cellule infectée.
Séropositivité
présence, détectable dans le sang, d'anticorps dirigés contre le VIH, signe que l'organisme a été en contact avec le virus.

02Une destruction progressive des LT4

La multiplication du VIH au sein des lymphocytes T4 infectés aboutit, à terme, à la destruction de ces cellules, soit par un effet cytopathique direct du virus, soit par élimination des cellules infectées par le système immunitaire lui-même, notamment par les lymphocytes T cytotoxiques (LT8). Dans les premières semaines suivant la contamination, une phase de multiplication virale intense s'accompagne d'une chute transitoire du nombre de LT4, rapidement suivie d'une réponse immunitaire qui limite la charge virale et permet une remontée partielle du nombre de LT4 : c'est la phase de primo-infection. S'ensuit une phase chronique, souvent asymptomatique et pouvant durer plusieurs années, durant laquelle le virus continue de se multiplier à bas bruit tandis que le nombre de LT4 diminue lentement et progressivement, au fil de cycles répétés d'infection et de destruction cellulaire.

Or, les LT4 occupent une position centrale dans la coordination de la réponse immunitaire adaptative : ils stimulent aussi bien la différenciation des lymphocytes B en plasmocytes sécréteurs d'anticorps que celle des lymphocytes T CD8 en cellules cytotoxiques. Leur destruction progressive affaiblit donc, de proche en proche, l'ensemble de la réponse immunitaire adaptative de l'organisme, bien au-delà des seules cellules directement infectées par le virus.

03Le stade sida, une immunodéficience installée

Lorsque le nombre de LT4 descend en dessous d'un seuil critique, généralement estimé autour de 200 cellules par microlitre de sang, la réponse immunitaire adaptative devient trop affaiblie pour assurer une protection efficace de l'organisme : on parle alors de stade sida (syndrome d'immunodéficience acquise), stade avancé de l'infection par le VIH. L'organisme devient alors vulnérable à des infections dites opportunistes, provoquées par des agents pathogènes habituellement maîtrisés sans difficulté par un système immunitaire fonctionnel, ainsi qu'à certains cancers favorisés par l'absence de surveillance immunitaire. C'est l'accumulation de ces pathologies opportunistes, et non le VIH lui-même directement, qui caractérise cliniquement le stade sida et qui est responsable de sa gravité. Les traitements antirétroviraux actuels, en bloquant différentes étapes du cycle viral (dont l'action de la transcriptase inverse), ne permettent pas d'éliminer le virus de l'organisme mais parviennent à maintenir la charge virale à un niveau très bas et à préserver durablement le nombre de LT4, empêchant ainsi l'évolution vers le stade sida.

04Méthode : interpréter un graphique d'évolution LT4 / charge virale

  1. Étape 1 repérer les trois phases caractéristiques : pic viral et chute transitoire des LT4 en primo-infection, phase chronique de déclin lent, puis chute sous le seuil critique au stade sida.
  2. Étape 2 relier la baisse du nombre de LT4 à l'affaiblissement de l'ensemble de la réponse adaptative, et non à un seul type cellulaire isolé.
  3. Étape 3 distinguer, dans un document, ce qui relève de l'action directe du VIH sur les LT4 de ce qui relève des conséquences indirectes (infections opportunistes au stade sida).

05Erreurs fréquentes

  • ✗ Confondre VIH et sida : le VIH est le virus responsable de l'infection, le sida est le stade avancé de cette infection, caractérisé par une immunodéficience sévère.
  • ✗ Croire que le VIH tue directement le patient : c'est l'affaiblissement du système immunitaire, et les infections opportunistes qui en résultent, qui sont responsables de la gravité clinique du stade sida.
  • ✗ Oublier le rôle central des LT4 : leur destruction progressive affaiblit indirectement toute la réponse adaptative, y compris la production d'anticorps par les plasmocytes.
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Sources. Contenu conforme au programme de sciences de la vie et de la Terre de terminale (Eduscol).